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Randonnée touristique ministérielle 2009

Vers le niveau supérieur

Secteur touristique et de l’hébergement : Une année 2009 difficile, comme prévu


L’année 2009 était fortement marquée par la crise économique et financière. Le secteur touristique s’est retrouvé, lui aussi, sous l’influence de cette crise mondiale, à l’instar de la plupart des autres branches de l’économie.
Le bilan de la saison touristique est mitigé, et de nombreux prestataires ont dû faire face à un recul de la demande. Malgré tout, beaucoup se sont déclarés satisfaits des résultats de la saison, probablement en raison d’un niveau d’attentes revu à la baisse dès le départ en cette année réputée « difficile ».

Forte régression dans l’hôtellerie

Les baisses les plus significatives ont dû être enregistrées dans le secteur de l’hôtellerie : au niveau national, les nuitées affichent un recul de 8% par rapport à l’année précédente. Une certaine divergence dans les résultats est à constater entre régions urbaines et rurales : des régressions à deux chiffres sont observées dans la capitale (-10%) et les régions Moselle, Centre & Sud (-11% chacune), alors que les baisses sont moins prononcées dans les régions plutôt caractérisées par un tourisme de loisirs, à savoir les Ardennes (-1%) et la région Mullerthal Petite Suisse Luxembourgeoise (-3%). Dans les Ardennes, 40% des hôteliers consultés ont même pu enregistrer une hausse du nombre de nuitées par rapport à 2008.

Camping : tendance négative des années précédentes enfin renversée !

Contrairement à l’hôtellerie, le secteur du camping a su afficher des résultats nettement plus satisfaisants en 2009. Au niveau national, les nuitées dans l’hôtellerie de plein air ont progressé de 7% en moyenne par rapport à 2008. Alors que la tendance à la baisse avait déjà pu être freinée en 2008, la hausse du nombre de nuitées s’est confirmée cette année-ci. Les courts chemins d’accès pour la plupart des clients, conjugués à une météo assez clémente, ont probablement joué en faveur de destinations de proximité comme le Luxembourg en cette année de crise.

Un peu plus de la moitié des gestionnaires de campings interrogés ont enregistré des nuitées en croissance, comparé à l’année précédente. Cette part grimpe à 85% pour les terrains classés 4 ou 5 étoiles, ce qui souligne à nouveau l’importance que les clients de l’hôtellerie de plein air accordent au confort et à l’éventail de services proposés.

Les investissements dans des infrastructures haut de gamme et des offres originales, tout comme les efforts renforcés en termes de publicité sur les principaux marchés émetteurs étrangers ont donc porté leurs fruits. 2/3 des gestionnaires de campings ont déclaré être satisfaits de la saison écoulée. La demande croissante pour le locatif confirme une tendance à la hausse, tout comme celle pour les emplacements destinés aux caravanes : ce segment de l’offre présente encore un potentiel considérable pour l’avenir, et il sera judicieux de pousser le développement d’infrastructures en conséquence.

Une saison avec des hauts et des bas pour les auberges de jeunesse

Les secteurs des locations et gîtes ruraux (-4%), ainsi que des auberges de jeunesse (-1%) ont dû afficher un léger recul au niveau national, avec toutefois des résultats très divergents entre les prestataires individuels. Le début de saison dans les auberges de jeunesse était prometteur, avec une forte demande de la part des groupes et des classes scolaires. Malheureusement, la situation s’est dégradée ensuite du fait d’une régression observée au niveau de la fréquentation des visiteurs individuels en haute saison, une évolution qui s’est néanmoins fait sentir partout en Europe en 2009.

Chiffre d’affaires en recul

Un problème majeur de la saison 2009 vient du fait que la stabilisation, voire la hausse en termes de nuitées qu’ont su enregistrer certains établissements, s’est faite au détriment d’une baisse sensible des prix des chambres. Ainsi, même si l’évolution des nuitées reste assez satisfaisante dans ces établissements, le risque de perte de rentabilité est désormais manifeste, puisque le chiffre d’affaires n’a pas évolué de la même manière que la fréquentation. Les recettes sont par ailleurs fortement influencées par la propension des clients à consommer sur place, ces dépenses ayant évolué à la baisse en 2009. La crise économique et financière a eu un impact direct sur le pouvoir d’achat des voyageurs, ce qui a amené nombre de clients à restreindre leur consommation sur place, surtout au niveau de la restauration. Ce ne sont uniquement les visiteurs étrangers, mais bien les clients luxembourgeois qui ont, de leur côté, délaissé quelque peu la restauration en 2009.

L’incertitude au niveau économique a favorisé une certaine réticence des voyageurs à organiser leurs déplacements. Ainsi, la saison touristique 2009 était marquée par des réservations très tardives dans le domaine de l’hébergement : 65% des hôteliers et 57% des gestionnaires de camping ont confirmé que leurs clients avaient réservé leur séjour moins longtemps à l’avance, comparé aux années précédentes. Le nouveau module de dynamic packaging « SmartMix », développé conjointement avec Luxair et le Ministère du Tourisme, permet de cibler les « early bookers » directement via la page d’accueil du site internet de l’ONT.

La crise économique provoque un recul sensible du tourisme d’affaires

Si dans l’ensemble la structure de la clientèle est restée relativement stable, une nette régression au niveau du tourisme d’affaires et de congrès (qui produit 47% des nuitées de l’hôtellerie nationale) doit être constatée. Ce dernier a été particulièrement affecté par la crise économique et financière. Cette tendance s’est d’ailleurs manifestée à travers l’Europe entière. Nombre de sociétés avaient décidé de réduire leurs dépenses en matière de déplacements professionnels à l’étranger de leur personnel, et la durée de séjour dans le cadre de congrès a nettement diminué en moyenne. Cette tendance à la baisse du segment du tourisme d’affaires et de congrès devrait expliquer les résultats négatifs plus marqués observés au niveau de la capitale, des régions Centre et Sud, et de la Moselle, où les grands hôtels actifs dans le domaine du MICE ont également dû faire face à un net recul de leur fréquentation.

Une légère croissance de la clientèle plus jeune a par contre pu être notée dans l’hôtellerie au nord du pays, tandis que les hôtels de la capitale et de la région Moselle ont majoritairement signalé une diminution de la fréquentation des seniors. Dans l’hôtellerie de plein air, les résultats positifs sont surtout à attribuer à une hausse de la fréquentation des familles avec enfants, comme l’ont confirmé 1/3 des gestionnaires de campings interrogés.

Attractions de loisirs : investissements et innovations restent les clés du succès

Au niveau des principales attractions touristiques, la saison 2009 a été tantôt bonne, tantôt décevante, selon les sites. Les résultats sont positifs sans exception dans les piscines, qui ont su enregistrer des hausses de leur nombre de visiteurs de +20% à +40%, grâce aux conditions météorologiques favorables. Comme autres exemples positifs, signalons le Musée des Mines à Rumelange qui a su tirer profit d’une offre innovante et de l’organisation d’events en affichant une hausse de la demande de 19%, ainsi que le Parc Merveilleux de Bettembourg qui a de nouveau enregistré une hausse (+11%) de sa fréquentation et a dépassé le cap des 200.000 visiteurs pour la première fois.

Même si l’évolution du nombre de participants aux visites guidées organisées (LCTO, ORTs, Guides Touristiques des Ardennes) varie d’une région à une autre, il est néanmoins intéressant de souligner que les visiteurs deviennent plus exigeants vis-à-vis de la qualité de ces guidages, et que ce sont les visites thématiques qui sont de plus en plus sollicitées.

La demande d’informations touristiques est en recul dans l’ensemble, ce qui pourrait s’expliquer par un changement du comportement du voyageur dans l’utilisation de sources d’informations observé ces dernières années: l’internet rend souvent superflu la demande d’information sur place à travers un bureau d’accueil.


Suggestions et projets pour l’avenir

Dans le cadre de l’enquête menée par l’ONT, la nécessité urgente d’améliorer et d’élargir l’offre de loisirs au Luxembourg a été le plus souvent signalée. Par ailleurs, des fonds supplémentaires devraient être mobilisés en vue du déploiement de mesures de marketing afin de remédier à l’image du Luxembourg véhiculée à travers une couverture médiatique trop négative à propos de la place financière locale, et en vue d’une mise en valeur plus soutenue de l’offre culturelle et de loisirs du Luxembourg.

Dorénavant, l’accent sera mis sur une promotion plus thématique des principaux champs d’action du tourisme luxembourgeois, particulièrement en ce qui concerne les séjours actifs (randonnées, vélo, VTT et marche nordique), la nature, la gastronomie, le shopping et le MICE. En outre, le tourisme intérieur sera davantage visé par les activités de marketing déployés par l’ONT et le Ministère du Tourisme en 2010. Ainsi, la promotion de la LuxembourgCard sera renforcée au Luxembourg et au sein de la Grande Région, en vue du développement de l’excursionnisme.

Plus forte régression du tourisme international depuis la Seconde Guerre Mondiale

En conclusion, il importe de constater que les résultats moyens à médiocres enregistrés au Luxembourg reflètent la tendance observée à travers l’Europe et le Monde en général. La variation moyenne des nuitées de visiteurs étrangers dans 25 pays européens ayant déjà su fournir des données s’élève à -8,8% par rapport à l’année précédente. L’UNWTO, de son côté, estime que la régression du tourisme à l’échelle mondiale se situera aux alentours de -5%, voire à -6%.



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